Checklist · France

Checklist reprise de restaurant : fonds de commerce, bail, dettes et autorisations à vérifier avant de signer

Avant de reprendre un restaurant, vérifiez ce que vous achetez vraiment

Reprendre un restaurant existant n’est pas la même opération qu’ouvrir un restaurant dans un local vide. Une reprise s’accompagne d’un historique : un bail déjà engagé par un tiers, des dettes éventuellement attachées au fonds, des autorisations qui suivent — ou ne suivent pas — l’ancien exploitant, du matériel déjà en place, et souvent des salariés déjà en poste.

Avant de signer, il faut d’abord comprendre ce qui est réellement proposé à la vente : une cession de fonds de commerce, une cession de bail seul, ou une cession de titres — parts sociales ou actions — de la société qui exploite le restaurant. Ces trois opérations n’ont ni le même objet, ni les mêmes risques, ni la même procédure de vérification.

Une reprise peut sembler plus rapide et plus sûre qu’une ouverture, car l’activité existe déjà. Mais elle peut aussi transmettre des dettes, un passif social, des autorisations à renouveler ou des contraintes de bail qui ne se révèlent qu’après la signature.

Cette checklist AvantBail aide à identifier les points à vérifier avant de signer une promesse ou un acte de cession. Elle concerne la reprise d’un restaurant sur l’ensemble du territoire français ; l’interlocuteur exact (mairie, greffe, DDPP, bailleur, syndic) peut varier selon la commune, le département et la nature de l’opération. Elle ne remplace pas l’avis d’un notaire, d’un avocat ou d’un expert-comptable sur la transaction elle-même.

L'essentiel


L’essentiel à retenir

Avant de reprendre un restaurant, il faut vérifier quatre familles de risques.

01

Quelle transaction reprenez-vous réellement ?

Fonds de commerce, bail seul ou titres de société : ces trois montages n’engagent pas la même responsabilité, ni les mêmes vérifications, ni le même accord du bailleur.

02

La continuité juridique et financière du fonds

Dettes, privilèges, nantissements, procédure d’opposition des créanciers, contentieux en cours : une reprise peut transmettre un passif invisible au premier regard.

03

Les autorisations qui suivent — ou ne suivent pas — l’exploitant

Licence alcool, terrasse, enseigne, ERP : certaines autorisations se transmettent avec le fonds, d’autres sont personnelles à l’ancien exploitant et doivent être redemandées.

04

La cohérence économique de la reprise

Le prix demandé, le matériel repris, les travaux à prévoir et le chiffre d’affaires réel doivent être confrontés avant de signer, pas après.

Infographie AvantBail résumant les points à vérifier avant de reprendre un restaurant existant : type de cession, bail en cours, dettes du fonds, autorisations à transférer, matériel repris et passif social.
Infographie AvantBail résumant les points à vérifier avant de reprendre un restaurant existant : type de cession, bail en cours, dettes du fonds, autorisations à transférer, matériel repris et passif social.

À qui s’adresse cette checklist ?

Cette checklist s’adresse aux :

  • repreneurs d’un fonds de commerce de restauration ;
  • repreneurs d’un bail commercial déjà exploité en restaurant ;
  • acquéreurs de titres — parts sociales ou actions — d’une société d’exploitation ;
  • franchisés qui reprennent un restaurant existant sous enseigne ;
  • investisseurs qui rachètent une exploitation en activité ;
  • agents immobiliers spécialisés qui accompagnent une cession ;
  • cédants qui veulent sécuriser leur propre cession.

Elle concerne la reprise d’un restaurant, d’une brasserie, d’un bistrot ou d’un concept de restauration déjà en activité — par opposition à l’ouverture d’un restaurant dans un local jusque-là sans activité de restauration.

Section 1 · Juridique & financier


Les points juridiques et financiers à vérifier avant de reprendre un restaurant

1.1

Cession de fonds de commerce, cession de bail seul ou cession de titres : trois opérations différentes

Une reprise de restaurant peut prendre trois formes juridiques différentes, qui ne portent pas sur le même objet et n’entraînent pas les mêmes vérifications : la cession du fonds de commerce (clientèle, enseigne, droit au bail, matériel), la cession du seul droit au bail (le local loué, sans les autres éléments du fonds), ou la cession de titres — parts sociales ou actions — de la société qui exploite le restaurant.

Dans une cession de fonds de commerce, le bailleur ne peut pas s’opposer à la cession de l’activité elle-même : toute clause de bail qui l’interdirait est réputée non écrite. Dans une cession de bail seul, l’accord préalable et écrit du bailleur est presque toujours nécessaire. Dans une cession de titres, c’est la société qui reste locataire : son identité de locataire ne change pas, et le bailleur n’a en principe pas de droit de regard sur le rachat des titres.

Le type d’opération doit être identifié dès la promesse ou l’offre de reprise, avec l’aide d’un notaire ou d’un avocat, avant toute négociation de prix.
Quand
Avant de signer toute promesse, avant de verser un dépôt ou un acompte.

Comment

  • identifier précisément ce qui est vendu : le fonds, le bail seul, ou des titres de société ;
  • vérifier si le bail autorise ou limite la cession envisagée ;
  • vérifier si l’accord du bailleur est nécessaire et, si oui, l’obtenir par écrit ;
  • faire confirmer la nature exacte de l’opération par un notaire ou un avocat avant de signer.

À vérifier avant signature

  • s’agit-il d’un fonds de commerce, d’un bail seul ou de titres de société ?
  • le bail autorise-t-il la cession envisagée ?
  • le bailleur doit-il donner son accord écrit ?
  • la structure juridique de la reprise a-t-elle été confirmée par un professionnel ?

Preuves à conserver

  • promesse de cession ou d’achat ;
  • projet d’acte précisant la nature de l’opération ;
  • accord écrit du bailleur si nécessaire ;
  • avis du notaire ou de l’avocat sur le montage retenu.

Le risque AvantBail — confondre ces trois opérations peut faire perdre des mois de négociation, ou révéler après signature des obligations que le montage choisi ne permettait pas d’anticiper.

Avec AvantBail

Avant de vous engager, AvantBail vous aide à situer votre projet de reprise dans son contexte réel — adresse, bail, activité déclarée — pour poser les bonnes questions à votre notaire ou avocat.

Vérifier le local avant signature
1.2

Bail commercial en cours : durée, destination et état des lieux

Reprendre un restaurant, c’est le plus souvent reprendre un bail déjà signé par un tiers, avec sa durée restante, ses clauses et son historique. Ce bail doit être lu intégralement avant de valoriser la reprise.

La destination du bail — l’activité qu’il autorise réellement — doit correspondre au concept prévu. Un bail qui autorise « restauration » n’autorise pas nécessairement l’alcool, l’extraction, la terrasse ou la livraison : ces usages doivent être vérifiés clause par clause, comme pour une ouverture.

Dans le bail lui-même et ses avenants, et auprès du bailleur ou de son mandataire pour toute clarification.
Quand
Avant de signer la promesse de cession, jamais après.

Comment

  • lire la durée restante du bail et sa date d’échéance triennale ;
  • vérifier la clause de destination et sa cohérence avec le concept prévu ;
  • identifier si une déspécialisation (changement ou extension d’activité) sera nécessaire ;
  • vérifier la clause de déplafonnement du loyer et son impact au prochain renouvellement ;
  • demander l’état des lieux d’entrée et de sortie du cédant, si disponible ;
  • vérifier le montant du loyer, des charges, de la taxe foncière refacturée et du dépôt de garantie ;
  • vérifier si des travaux de mise en conformité restent à la charge du preneur.

Attention — déspécialisation

si l’activité prévue ne correspond pas exactement à la destination du bail, une procédure de déspécialisation doit être engagée auprès du bailleur, qui peut alors demander une augmentation de loyer ou une indemnité.

À vérifier avant signature

  • quelle est la durée restante du bail ?
  • la destination autorise-t-elle réellement le concept prévu ?
  • une déspécialisation est-elle nécessaire ?
  • le loyer est-il plafonné ou déplafonné au prochain renouvellement ?
  • l’état des lieux d’entrée est-il disponible ?
  • le dépôt de garantie est-il conservé, restitué ou reversé ?

Preuves à conserver

  • bail et avenants ;
  • état des lieux ;
  • quittances de loyer et de charges récentes ;
  • avis de taxe foncière refacturée ;
  • accord de déspécialisation si nécessaire ;
  • attestation d’absence d’impayés de loyer.

Le risque AvantBail — un bail sur le point d’échoir, une destination incompatible ou une clause de déplafonnement mal anticipée peuvent transformer une reprise apparemment sûre en projet fragile dès les premières années.

Avec AvantBail

AvantBail confronte la destination du bail à l’activité réellement prévue, pour repérer un point de vigilance avant que vous ne vous engagiez.

Vérifier la compatibilité du bail
1.3

Historique Sirene et continuité d’exploitation

L’historique du fonds au registre Sirene permet de vérifier la continuité réelle de l’exploitation : date de création, de cessation ou de radiation de l’établissement, et éventuels liens de succession entre le prédécesseur et le cédant actuel.

Un fonds fermé depuis longtemps peut avoir perdu une partie de sa clientèle et de son achalandage — deux éléments qui font pourtant la valeur du fonds de commerce. Une licence de débit de boissons attachée à un établissement non exploité peut elle aussi être frappée de péremption après cinq années consécutives de fermeture, ce qui en ferait perdre le bénéfice au repreneur.

Dans les données Sirene/RNE de l’établissement (accessibles via les services officiels ou via un pré-diagnostic d’adresse) et, en cas de doute, auprès du greffe du tribunal de commerce.
Quand
Avant de valoriser le fonds, avant de signer la promesse.

Comment

  • vérifier la date de création et, le cas échéant, de cessation de l’établissement ;
  • identifier d’éventuels liens de succession (changement d’exploitant sans interruption réelle) ;
  • vérifier depuis combien de temps le fonds est réellement en activité, ou fermé ;
  • vérifier si une licence de débit de boissons est attachée au fonds et depuis quand elle n’est plus exploitée, le cas échéant.

Attention — péremption de licence

une licence de débit de boissons non exploitée pendant cinq années consécutives est frappée de péremption ; le repreneur peut ne plus pouvoir en bénéficier s’il ne le vérifie pas avant de signer.

À vérifier avant signature

  • le fonds est-il réellement en activité, ou fermé depuis un certain temps ?
  • une interruption d’exploitation apparaît-elle dans l’historique ?
  • une licence d’alcool est-elle attachée au fonds ?
  • depuis combien de temps cette licence n’est-elle plus exploitée, le cas échéant ?

Preuves à conserver

  • extrait Sirene/RNE de l’établissement ;
  • extrait Kbis à jour du cédant ;
  • justificatif de la date de dernière exploitation effective ;
  • copie de la licence existante si applicable.

Le risque AvantBail — un fonds réputé « en activité » sur le papier peut en réalité être fermé depuis longtemps : le repreneur hérite alors d’une clientèle perdue, d’une valeur surestimée, et parfois d’une licence déjà périmée.

Avec AvantBail

Le pré-diagnostic AvantBail croise l’historique disponible sur l’adresse pour signaler une incohérence entre l’activité annoncée et l’activité réellement constatée.

Vérifier l’historique de l’adresse
1.4

Dettes, privilèges et nantissements attachés au fonds

Un fonds de commerce peut être grevé d’un nantissement ou d’un privilège garantissant une dette du vendeur qui n’a pas encore été soldée. La loi organise une procédure pour protéger l’acheteur : la vente doit être publiée dans un journal d’annonces légales puis au BODACC (le bulletin officiel des annonces civiles et commerciales) dans les quinze jours de l’acte, ce qui ouvre aux créanciers du vendeur un délai de dix jours, à compter de cette publication, pour faire opposition au paiement du prix.

Tant que ce délai n’est pas purgé, le prix de vente ne peut pas être remis librement au cédant : les créanciers qui se sont manifestés dans ce délai peuvent bloquer le paiement, exiger d’être réglés sur le prix, ou surenchérir. C’est pourquoi le prix de vente est généralement séquestré — souvent chez le notaire — pendant cette période.

Au greffe du tribunal de commerce (état des inscriptions, nantissements et privilèges sur le fonds), et via la publication légale + BODACC organisée par le notaire lors de la cession.
Quand
Avant de signer l’acte définitif ; le séquestre du prix se prolonge après la signature, le temps que le délai d’opposition s’écoule.

Comment

  • demander un état des inscriptions (nantissements, privilèges) au greffe du tribunal de commerce ;
  • vérifier l’absence de procédure collective en cours contre le cédant ;
  • faire organiser la publication légale et la publication BODACC de la cession par le notaire ;
  • vérifier que le prix de vente reste séquestré pendant le délai d’opposition des créanciers ;
  • demander la mainlevée des éventuelles inscriptions avant le déblocage du prix.

Point de procédure

le délai d’opposition des créanciers est de dix jours à compter de la publication au BODACC ; le jour de la publication ne compte pas, et le délai est prolongé au lendemain s’il expire un dimanche ou un jour férié.

À vérifier avant de signer l’acte définitif

  • un état des inscriptions du fonds a-t-il été demandé au greffe ?
  • une procédure collective est-elle en cours contre le cédant ?
  • la publication légale et BODACC est-elle prévue par le notaire ?
  • le prix de vente sera-t-il séquestré pendant le délai d’opposition ?

Preuves à conserver

  • état des inscriptions du greffe ;
  • attestation d’absence de procédure collective ;
  • avis de publication au journal d’annonces légales ;
  • avis de publication au BODACC ;
  • convention de séquestre du prix de vente.

Le risque AvantBail — reprendre un fonds sans purger les inscriptions et le délai d’opposition expose le repreneur à voir le prix bloqué, ou à devoir répondre de dettes attachées au fonds qu’il pensait acquérir libre de tout passif.

Avec AvantBail

Ce type de vérification relève du notaire ou de l’avocat qui organise la cession ; AvantBail vous aide en amont à objectiver les paramètres réels de l’emplacement et de l’activité, avant d’entrer dans cette phase de sécurisation juridique.

Documenter cette reprise
1.5

Autorisations transférées ou à renouveler

Une reprise ne transmet pas automatiquement toutes les autorisations de l’ancien exploitant. Certaines suivent le fonds ou le bâtiment ; d’autres sont personnelles à l’exploitant précédent et doivent être redemandées au nom du repreneur.

La licence de débit de boissons se transmet en principe avec le fonds, mais sa mutation doit être déclarée en mairie au nom du nouvel exploitant. Un agrément sanitaire, s’il existe, doit également être vérifié. Le classement ERP suit en principe le bâtiment, mais un changement d’exploitant impose de reprendre connaissance de l’arrêté d’ouverture et du procès-verbal de la commission de sécurité du prédécesseur, et peut déclencher une nouvelle visite si le local est resté fermé plus de dix mois ou si des travaux sont prévus. L’autorisation d’occupation du domaine public (terrasse, étalage) est, elle, personnelle et non transmissible : elle cesse de plein droit à la vente du fonds, et le repreneur doit en redemander une nouvelle.

Mairie (déclaration de mutation de licence, ERP, terrasse), DDPP/DDETSPP (agrément sanitaire), greffe (si la licence figure à l’inventaire du fonds).
Quand
La déclaration de mutation de licence doit être faite avant l’exploitation effective par le repreneur ; la demande de nouvelle autorisation de terrasse doit être anticipée avant la reprise, sans certitude d’obtention automatique.

Comment

  • vérifier quelles autorisations existent réellement au nom du cédant ;
  • déclarer la mutation de la licence de débit de boissons en mairie ;
  • prendre connaissance de l’arrêté d’ouverture ERP et du dernier procès-verbal de commission de sécurité ;
  • vérifier si le local est resté fermé plus de dix mois, ce qui peut imposer une nouvelle autorisation d’ouverture ;
  • redemander, en amont, une autorisation d’occupation du domaine public à votre nom si une terrasse est prévue ;
  • vérifier l’agrément sanitaire si l’activité en dépend.

À vérifier avant signature

  • quelles autorisations sont réellement au nom du cédant ?
  • la licence d’alcool peut-elle être mutée à votre nom ?
  • l’arrêté d’ouverture ERP et le PV de commission de sécurité sont-ils disponibles ?
  • le local est-il resté fermé plus de dix mois ?
  • la terrasse actuelle est-elle couverte par une autorisation transmissible, ou devra-t-elle être redemandée ?
  • un agrément sanitaire est-il nécessaire et, si oui, à jour ?

Preuves à conserver

  • copie de la licence existante ;
  • déclaration de mutation ;
  • arrêté d’ouverture ERP du prédécesseur ;
  • procès-verbal de la commission de sécurité et d’accessibilité ;
  • autorisation d’occupation du domaine public existante ;
  • agrément sanitaire si applicable.

Le risque AvantBail — un repreneur peut découvrir après signature que la terrasse qui faisait vivre le restaurant n’est plus autorisée à son nom, ou que la licence d’alcool est périmée : ce sont des éléments de valorisation du fonds qui doivent être vérifiés avant, pas après.

Avec AvantBail

AvantBail aide à distinguer, à partir de l’adresse, ce qui est probablement transmissible de ce qui devra être redemandé — pour objectiver ce point avant que vous ne finalisiez le prix.

Vérifier les autorisations de cette adresse
1.6

État du matériel et des équipements repris

Le matériel et les équipements repris (cuisine, froid, extraction, mobilier) font partie de la valeur du fonds, mais leur état réel et leur propriété doivent être vérifiés séparément du prix affiché.

Une partie du matériel peut appartenir au bailleur, être sous crédit-bail ou faire l’objet d’un contrat de location distinct du fonds : dans ce cas, elle n’appartient pas au cédant et ne peut pas être vendue avec le fonds sans lever ces contrats.

Auprès du cédant (inventaire, factures, contrats de crédit-bail) et, pour la conformité technique, auprès d’un professionnel de la cuisine professionnelle.
Quand
Avant de signer : l’inventaire et son état doivent être annexés à l’acte de cession.

Comment

  • demander un inventaire contractuel détaillé du matériel repris ;
  • vérifier la propriété réelle de chaque équipement : cédant, bailleur, ou organisme de crédit-bail ;
  • faire contrôler l’état de fonctionnement et la conformité des équipements sensibles (chambres froides, extraction, hotte, appareils de cuisson) ;
  • identifier le matériel vétuste ou non conforme qui devra être remplacé à court terme ;
  • chiffrer le budget de remise à niveau si nécessaire.

À vérifier avant signature

  • l’inventaire du matériel repris est-il précis et daté ?
  • chaque équipement appartient-il bien au cédant ?
  • des contrats de crédit-bail ou de location sont-ils en cours sur du matériel présenté comme inclus ?
  • l’extraction, le froid et la cuisson sont-ils en état de fonctionnement et conformes ?
  • un budget de remise à niveau a-t-il été anticipé ?

Preuves à conserver

  • inventaire contractuel annexé à l’acte ;
  • factures d’achat ou contrats de crédit-bail ;
  • PV d’entretien des équipements ;
  • rapport d’un professionnel si un contrôle a été réalisé.

Le risque AvantBail — un fonds peut afficher un inventaire matériel valorisant, alors qu’une partie de ce matériel appartient à un tiers ou nécessite un remplacement immédiat — ce qui change la réalité économique de la reprise.

Avec AvantBail Ingénierie

AvantBail Ingénierie audite le matériel et les équipements repris — état, conformité, propriété réelle — pour objectiver ce que vous reprenez vraiment avant de valider le prix.

Demander un audit du matériel repris
1.7

Droit de préemption commercial de la commune

Dans certaines communes, le conseil municipal a délimité un périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat de proximité. À l’intérieur de ce périmètre, toute cession à titre onéreux d’un fonds de commerce, d’un fonds artisanal ou d’un bail commercial est soumise au droit de préemption de la commune.

Le cédant doit alors adresser à la commune une déclaration préalable précisant le prix, l’activité envisagée par le repreneur, les salariés du cédant et les conditions de la cession. La commune dispose d’un délai de deux mois pour se prononcer : passé ce délai, son silence vaut renonciation et la vente peut être réalisée aux conditions déclarées.

Auprès de la mairie de la commune du local, pour vérifier si l’adresse est incluse dans un périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat de proximité.
Quand
Avant de signer l’acte définitif ; la déclaration préalable et le délai de deux mois doivent être purgés en amont.

Comment

  • vérifier si l’adresse est comprise dans un périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat de proximité ;
  • si oui, faire établir la déclaration préalable de cession par le cédant, avec l’aide du notaire ;
  • attendre l’expiration du délai de deux mois ou l’accord exprès de la commune ;
  • vérifier qu’aucune décision de préemption n’a été notifiée avant de signer.

À vérifier avant signature

  • l’adresse est-elle située dans un périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat de proximité ?
  • la déclaration préalable à la commune a-t-elle été faite, si nécessaire ?
  • le délai de deux mois est-il écoulé sans réponse, ou la commune a-t-elle renoncé expressément ?
  • aucune décision de préemption n’a-t-elle été notifiée ?

Preuves à conserver

  • confirmation de la mairie sur le périmètre applicable ;
  • déclaration préalable de cession ;
  • accusé de réception de la mairie ;
  • attestation de renonciation ou de non-préemption.

Le risque AvantBail — signer une cession sans avoir purgé ce droit de préemption expose à la nullité de la vente si la commune n’a pas été correctement informée au préalable.

Avec AvantBail

AvantBail identifie, à partir de l’adresse, si le local se situe dans une zone soumise à des dispositifs communaux particuliers, pour orienter vos questions au notaire avant signature.

Vérifier le statut de cette adresse
1.8

Contentieux et passif social

Lorsqu’un restaurant change d’exploitant tout en poursuivant son activité, les contrats de travail en cours sont transférés de plein droit au repreneur : les salariés en poste continuent leur contrat avec le nouvel exploitant, aux mêmes conditions, sans qu’un accord entre les parties ne puisse écarter cette règle.

Le repreneur doit donc connaître précisément la situation sociale du fonds avant de signer : effectifs repris, ancienneté, litiges prud’homaux en cours ou passés, soldes de tout compte, et toute clause de non-concurrence ou de non-débauchage qui pourrait le concerner.

Auprès du cédant (contrats de travail, bulletins de salaire, registre du personnel) et, en cas de litige, auprès du conseil de prud’hommes concerné.
Quand
Avant de signer : ces éléments doivent être annexés ou décrits précisément dans l’acte de cession.

Comment

  • demander la liste des salariés repris avec ancienneté, poste et rémunération ;
  • vérifier l’existence de litiges prud’homaux en cours ou de contentieux récents ;
  • vérifier les soldes de tout compte des départs récents ;
  • vérifier les clauses de non-concurrence ou de non-débauchage éventuelles ;
  • faire chiffrer, si nécessaire, le passif social repris par un expert-comptable.

À vérifier avant signature

  • quels salariés sont réellement repris, et à quelles conditions ?
  • des litiges prud’homaux sont-ils en cours ou récents ?
  • les soldes de tout compte des départs récents sont-ils réglés ?
  • une clause de non-concurrence ou de non-débauchage s’applique-t-elle ?

Preuves à conserver

  • contrats de travail en cours ;
  • registre du personnel ;
  • bulletins de salaire récents ;
  • attestations de solde de tout compte ;
  • état des contentieux prud’homaux le cas échéant.

Le risque AvantBail — les contrats de travail se transmettent automatiquement, avec l’ancienneté et les droits acquis des salariés : ignorer le passif social revient à sous-estimer le coût réel de la reprise.

Avec AvantBail

Le passif social relève de votre notaire, avocat ou expert-comptable ; AvantBail se concentre sur ce qui concerne l’adresse et l’exploitation pour vous aider à structurer les bonnes questions avant de signer.

Structurer mes questions avant signature
1.9

Valorisation du fonds et cohérence avec le chiffre d’affaires

Le prix demandé pour un fonds de commerce doit être cohérent avec son chiffre d’affaires réel, sa rentabilité, son emplacement et l’état du bail, du matériel et des autorisations. Un prix élevé ne garantit ni un bon emplacement, ni un fonds sain.

Cette vérification n’est pas automatisable et ne relève pas d’un pré-diagnostic d’adresse seul : elle suppose l’analyse des comptes, des déclarations fiscales et de la trésorerie réelle de l’activité, un travail qui revient à votre expert-comptable ou à votre avocat.

Auprès du cédant (liasses fiscales, chiffre d’affaires, charges) et de votre expert-comptable pour l’analyse chiffrée.
Quand
Avant de valider le prix, avant de signer la promesse.

Comment

  • demander les liasses fiscales et le chiffre d’affaires des trois derniers exercices ;
  • faire analyser la cohérence entre le prix demandé et le chiffre d’affaires réel par un expert-comptable ;
  • vérifier la part du chiffre d’affaires liée à un élément non transmissible (une terrasse non garantie, par exemple) ;
  • intégrer, dans le prix, le coût des travaux, du matériel à remplacer et des autorisations à renouveler.

À vérifier avant signature

  • les liasses fiscales des trois derniers exercices ont-elles été communiquées ?
  • le prix a-t-il été confronté au chiffre d’affaires réel par un expert-comptable ?
  • une partie du chiffre d’affaires dépend-elle d’un élément non garanti après la reprise (terrasse, licence, exploitant) ?
  • le budget de remise à niveau a-t-il été intégré dans la négociation du prix ?

Preuves à conserver

  • liasses fiscales des trois derniers exercices ;
  • attestation ou analyse de l’expert-comptable ;
  • détail du chiffre d’affaires par activité (salle, terrasse, livraison) si disponible.

Le risque AvantBail — cette vérification ne remplace jamais l’avis d’un professionnel du chiffre : ni AvantBail, ni aucun outil automatisé, ne certifie la valeur d’un fonds de commerce. Faites confirmer le prix par votre expert-comptable ou votre avocat avant de signer.

Avec AvantBail

AvantBail objective ce qui concerne l’emplacement et le bail ; pour la valorisation chiffrée du fonds, nous vous orientons vers un échange avec un conseiller avant de vous engager.

Échanger sur votre projet de reprise

Section 2 · Récapitulatif


Récapitulatif rapide — les points essentiels d'une reprise en un coup d'œil

Nature de l'opération et bail
Point à vérifierOù / auprès de qui ?Risque si oublié
Type de cessionNotaire ou avocatFonds, bail seul et titres de société n'ont ni le même objet, ni les mêmes vérifications
Accord du bailleurBailleur ou mandataireNécessaire pour une cession de bail seul, non requis pour une cession de fonds
Durée restante du bailBail et avenantsReprise fragile si l'échéance triennale est proche
Destination et déspécialisationBail, bailleurConcept incompatible avec l'activité autorisée
Déplafonnement du loyerBail, clause de renouvellementLoyer en forte hausse au renouvellement suivant
Continuité, dettes et autorisations
Point à vérifierOù / auprès de qui ?Risque si oublié
Historique Sirene/RNEExtrait Sirene, greffeFonds réellement fermé ou clientèle perdue
Nantissements et privilègesGreffe du tribunal de commerceDette du vendeur attachée au fonds repris
Publication légale et BODACCNotairePrix versé sans purge du délai d'opposition des créanciers
Mutation de la licence de débit de boissonsMairieLicence périmée après cinq années sans exploitation
Autorisation de terrasse (AOT)MairieAutorisation personnelle, non transmissible : à redemander
Périmètre de sauvegarde du commerceMairieDroit de préemption de la commune non purgé
Matériel, passif social et prix
Point à vérifierOù / auprès de qui ?Risque si oublié
Propriété réelle du matérielInventaire, factures, contrats de crédit-bailMatériel présenté comme inclus mais appartenant à un tiers
Contrats de travail en coursCédant, registre du personnelTransfert automatique des contrats, ancienneté et droits acquis
Contentieux prud'homauxCédant, conseil de prud'hommesPassif social découvert après signature
Cohérence prix / chiffre d'affairesLiasses fiscales, expert-comptablePrix surestimé par rapport à l'activité réelle

Section 3 · Documents


Documents à demander avant de signer une reprise

Avant de signer une promesse ou un acte de cession, demandez au minimum :

  • bail commercial et avenants
  • état des lieux d'entrée et, si disponible, de sortie
  • dernières quittances de loyer et de charges
  • extrait Kbis à jour du cédant
  • extrait Sirene/RNE de l'établissement
  • état des inscriptions du greffe (nantissements, privilèges)
  • attestation d'absence de procédure collective en cours
  • liasses fiscales des trois derniers exercices
  • inventaire contractuel détaillé du matériel repris
  • factures d'achat ou contrats de crédit-bail sur le matériel
  • copie de la licence de débit de boissons si applicable
  • arrêté d'ouverture ERP et dernier procès-verbal de commission de sécurité
  • autorisation d'occupation du domaine public existante (terrasse, étalage)
  • liste des salariés repris (contrats, ancienneté, rémunération)
  • état des contentieux prud'homaux en cours ou récents
  • attestations de solde de tout compte des départs récents
  • accord écrit du bailleur si cession de bail seul ou déspécialisation
  • projet de déclaration préalable à la mairie si périmètre de sauvegarde

Section 4 · Pièges


Les erreurs fréquentes avant une reprise

1. Confondre cession de fonds, cession de bail et cession de titres

Ces trois opérations n'ont ni le même objet, ni les mêmes vérifications, ni le même accord du bailleur. Le confondre peut faire perdre des mois de négociation.

2. Signer sans purger le délai d'opposition des créanciers

Le prix de vente doit rester séquestré pendant le délai d'opposition qui suit la publication au BODACC. Le libérer trop tôt expose à devoir répondre de dettes du cédant.

3. Considérer une licence d'alcool comme automatiquement transmise

La mutation de la licence doit être déclarée en mairie au nom du repreneur ; une licence non exploitée depuis cinq ans peut déjà être périmée.

4. Négliger le passif social et les contrats de travail en cours

Les contrats de travail se transmettent automatiquement, avec l'ancienneté et les droits acquis des salariés. Ignorer ce point revient à sous-estimer le coût réel de la reprise.

5. Ne pas vérifier la propriété réelle du matériel repris

Une partie du matériel présenté comme inclus peut appartenir au bailleur ou faire l'objet d'un crédit-bail en cours, et ne peut alors pas être vendue avec le fonds.

6. Valoriser le fonds sans expert-comptable

Le prix demandé doit être confronté au chiffre d'affaires réel et aux liasses fiscales. Ni AvantBail, ni aucun outil automatisé, ne remplace cette analyse chiffrée.

Section 5 · Timing


Quand faire vérifier une reprise ?

Il est recommandé de faire vérifier une reprise :

  • avant de signer une promesse ou un compromis de cession ;
  • avant de verser un dépôt ou un acompte ;
  • avant de valider le prix avec le cédant ;
  • avant la déclaration préalable à la mairie, si le local est situé dans un périmètre de sauvegarde ;
  • avant la publication légale et au BODACC de la cession ;
  • avant la levée du séquestre du prix de vente ;
  • avant de communiquer une date de reprise à vos équipes, votre banque ou vos partenaires.

Le bon moment n'est pas après la signature. Le bon moment est avant l'engagement.

Recevez la checklist reprise complète par e-mail

Cette page couvre les points essentiels d'une reprise. La checklist complète — avec les cases à cocher, les délais, les documents à demander et les signaux d'alerte — vous est envoyée directement par e-mail, prête à emporter en rendez-vous avec le cédant, le notaire ou votre expert-comptable. Si la reprise a déjà une adresse, AvantBail peut aller plus loin.

La checklist complète inclut :

  • les trois types de cession et leurs conséquences
  • la liste des documents à demander au cédant
  • les délais légaux à respecter (opposition des créanciers, préemption, licence)
  • les autorisations transmissibles et celles à renouveler
  • les points de vigilance sur le matériel et le passif social
  • les questions à poser avant de signer
  • les signaux d'alerte les plus fréquents
  • cases à cocher

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Note importante

Cette checklist ne remplace pas un notaire, un avocat ou un expert-comptable. Elle sert à identifier les points de vigilance avant de signer une promesse ou un acte de cession, pas à valider juridiquement ou financièrement une reprise. Les obligations exactes — nature de la cession, autorisations, passif social, prix — peuvent varier selon la commune, le bail, le fonds et les parties concernées.